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L’utilisation des robots rédacteurs (souvent appelés robojournalistes) par les agences de presse et les médias n’est plus un tabou mais une pratique qui commence à se généraliser à travers la planète. Si Le Monde a été le premier journal de France à utiliser des robots rédacteurs pour couvrir les résultats d’une élection, les rédactions de plusieurs pays ont adopté, voire même développé, un robot rédacteur en 2015. Parmi eux, on trouve à la fois de grands médias nationaux réputés et des agences de presse de référence. De grands journaux et l’agence américaine Associated Press font confiance aux robots rédacteurs développés par des start-ups technologiques spécialisées en sémantique et dans la génération automatique de textes, tandis que certaines agences de presse se lancent dans la création de leur(s) propre(s) roborédacteur(s). 

Les robots-rédacteurs par pays

 

Aux US, l’américaine AP, accompagnée par son partenaire Automated Insights, a été la première agence à avoir fait le pari de l’automatisation de certaines dépêches en avril 2014. Cette décision a provoqué un gros buzz autour du robojournalisme, considéré comme un sujet sensible et qui, aujourd’hui encore, fait couler beaucoup d’encre au sujet  de l’impact sur les rédactions et l’emploi des journalistes. Auparavant, le magazine américain Forbes avait été le premier média à se servir d’un robot pour produire des articles boursiers en partenariat avec la start-up de Chicago Narrative Science en 2012.

Outre-Rhin, plusieurs médias régionaux et locaux ont intégré les robots dans leurs rédactions, notamment pour les résumés des matchs de football, comme le journal local Neue Osnabrücker Zeitung ou le portail de foot régional FussiFreunde lancé par Radio Hamburg en collaboration avec la société Retresco. Depuis 2014, le journal Berliner Morgenpost publie des rapports quotidiens sur le niveau des particules fines à Berlin qui sont écrits par un robot développé en interne. En 2015, c’est le journal économique Handelsblatt qui a signé un partenariat pour la production d’articles boursiers avec  Textomatic, une jeune start-up lancée en 2015.

En France, en mars 2015, Le Monde a également sauté le pas et fait appel à Syllabs, spécialiste de la roborédaction, pour produire 36 000 textes quasiment en temps réel à l’occasion des élections départementales. Cette expérience était une première mondiale, tant par le sujet (les élections) que par le nombre d’articles publiés en quelques heures. Fort de cette expérience, Le Monde continue aujourd’hui à produire des textes avec le moteur data2content de Syllabs pour alimenter les pages de sa nouvelle section « Données du Monde ». D’autres médias français comme L’Express, Le Parisien et Radio France ont également été séduits par les robots-rédacteurs data2content pour couvrir les élections régionales.

Fin octobre 2015, c’est le moteur russe Yandex qui a annoncé le développement de robots en interne pour créer une nouvelle agence de presse de news automatisées. Deux semaines plus tard c’était le tour de Xinhua, l’agence officielle de Chine, de présenter Kuaibi Xiaoxi, son propre “robojournaliste” conçu pour produire des résumés des matchs de la ligue chinoise et des résultats financiers.  Kuaibi Xiaoxi est bilingue anglais-chinois.

L’année 2016 a débuté avec un nouveau cas de robojournalisme, cette fois-ci en Norvège. En effet, l’agence de presse norvégienne NTB a annoncé son ambition de mettre en place un moteur de rédaction pour produire des news dans les domaines du sport (football) et de la finance. 

Qui seront les prochains médias et agences à intégrer des robots rédacteurs dans leurs équipes ? À suivre !

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One Response to US, Allemagne, France, Russie, Chine, Norvège : Les robots rédacteurs se propagent gentiment

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